7ème dimanche du temps pascal année B 2021

Chers frères et sœurs,

Imaginez qu’on vous fasse un grand cadeau… Par exemple, qu’on vous offre un billet pour aller voir le TFC jouer au Stade de la Vallée du Cher. Vous savez que c’est une équipe de football de chez nous. Vous savez qu’ils ont gagné des coupes, qu’ils ont été bien classés, fût une époque… et c’est à peu près tout. Alors, pour prendre un peu plus la mesure du cadeau qui vous est fait, vous allez naturellement acquérir quelques goodies pour montrer votre engagement le jour J, écharpe, casquette ou autre, vous allez apprendre quelques noms de joueurs et leur palmarès, vous allez voir où ils en sont dans le classement… ah non, ça, ça risque de faire peur. Bref, vous allez vous préparer pour profiter au mieux de ce cadeau qui vous est fait.

Eh bien sachez que votre rêve va devenir réalité ! Dieu veut vous faire un énorme cadeau dans une semaine ! Il veut vous donner le Saint-Esprit. Alors pour profiter au mieux de ce cadeau extraordinaire, il convient de s’y préparer un peu…

Comment se disposer dès maintenant à recevoir l’ES ?

  • Exprimer ses désirs

Dieu agit avec nos propositions. C’est la leçon qu’on peut tirer de la 1ère lecture. Pour avoir un nouvel Apôtre, on en sélectionne deux parmi ceux qui ont le plus de qualités requises. Ensuite, on prie le Saint-Esprit de faire le bon choix, et après, on tire au sort.

Il y a quelques années, quand j’étais étudiant, j’ai fait une collocation chrétienne avec deux autres gars. On a voulu mettre notre maisonnée sous le patronage d’un saint. Mais comment choisir ? On a fait comme les apôtres. On a chacun écrit le nom d’un saint sur un papier, puis on les a mis en bouchon, et on les a envoyés à travers l’appartement, à l’aide d’une pelle. Celui qui était arrivé le plus loin était celui qui nous avait choisi.

Quand on veut que Dieu fasse quelque chose pour nous, c’est pareil. Il faut lui faire des propositions. Il faut qu’on lui en parle. Après, lui dispose, et il fait à partir de ce qu’on lui a suggéré.

  • Retourner à la source

C’est ce que St Jean nous invite à faire dans la 2ème lecture : « Bien-aimés, puisque Dieu nous a tellement aimés, nous devons nous aussi, nous aimer les uns les autres. » Nous aimer les uns les autres, ce n’est pas si simple. Surtout à l’Église où on est si différents. Dans un club de loisirs, de sport, d’art, ou même dans une entreprise, on partage une activité en commun, donc c’est assez facile en général de trouver un terrain d’entente. Mais ici, on est un peu le reflet du monde avec toutes nos différences. D’autant plus qu’on ne partage pas vraiment une activité commune, mais plutôt des croyances. On est dans l’expression de ce qui nous habite et nous fait vivre au plus profond de nous-mêmes, donc l’unité est plus difficile à tenir.

On doit alors revenir régulièrement à la source : Dieu. C’est lui qui nous rassemble, c’est lui qui maintient notre unité. On est capable de s’aimer les uns les autres d’abord parce que Dieu nous aime. Et pour aimer, il nous donne l’aide de l’ES : « Voici comment nous reconnaissons que nous demeurons en lui et lui en nous : il nous a donné part à son Esprit. »

Donc quand on dit qu’il faut revenir à la source, c’est qu’il faut pouvoir compter sur Dieu avant de compter sur ses propres forces. Revenir à la source, c’est une question d’humilité.

  • Être dans le monde

Parfois, on peut se dire que c’est un peu difficile de garder la foi dans le monde, qu’on a du mal à prier, etc. On peut envier la vie des moines qui s’abandonnent dans la prière chaque jour, et qui tutoient le bonheur véritable dans la simplicité de vie, à l’écart, dans leur monastère… Où qu’on soit, quelle que soit notre vocation, on peut y trouver une joie profonde. « Je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés. » dit Jésus dans l’Évangile. Il souhaite qu’on trouve la joie dans le monde !

Dans sa prière il dit même : « Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais. » Le XX°S a vu fleurir plein de saints et de mystiques qui n’étaient pas religieux ! Je pense notamment à Madeleine Delbrel qui était assistante sociale et poète ; ou bien même avant, Ste Marie de l’Incarnation dont une église de la paroisse a le patronage. Avant d’être religieuse, elle était mariée et a dirigé une entreprise. Ça ne l’a pas empêchée d’avoir une vitalité spirituelle incroyable ! Être enraciné dans le monde, ce n’est pas une contrainte, c’est une question d’équilibre humain.

Conclusion

On peut être de ceux qui sont déjà familiers de l’Esprit-Saint ; en le reconnaissant de temps en temps quand on sent qu’il a donné un petit coup de pouce ; en l’invoquant tous les ans à la Pentecôte… En somme, on peut être des habitués de son action et de sa présence. Ne laissons pas pour autant passer cette nouvelle Pentecôte dans la routine ! C’est le moment de lui demander une grâce particulière pour cette année.

Et si on n’est pas tout à fait familier de l’Esprit-Saint, c’est l’occasion de le découvrir. Demandons à Dieu de vivre l’effusion de l’Esprit-Saint la semaine prochaine. Demandons-lui de sentir qu’il est là et qu’il est à l’œuvre.

Où qu’on en soit avec lui, prenons soin de préparer nos cœurs pour profiter un maximum du cadeau que Dieu va nous faire la semaine prochaine ! Amen.