31ème dimanche du temps ordinaire année C 2022

Chers frères et sœurs,

Savez-vous qui est saint Amadour ? Amadour, a deux étymologies assez proches. C’est un nom d’origine latine qui peut signifier « qui a de l’amour en lui » ; ou bien « âme dorée ». Ce fameux St Amadour, donc, est un mystérieux ermite des premiers siècles qui a donné le nom au rocher dans lequel on a retrouvé sa dépouille : Rocamadour… un des villages préférés des français il y a quelques années. La tradition populaire nous dit que ce St Amadour ne serait autre que Zachée lui-même ! Zachée, époux de Ste Véronique, la femme guérie de ses pertes de sang dans l’Évangile, celle-là même qui essuiera le visage du Seigneur lors de sa Passion, et qu’on retrouve à la 6ème station du chemin de croix. Et pour la petite histoire, on dit que c’est St Luc qui aurait sculpté la Vierge Noire qu’on retrouve à Rocamadour, et qui l’aurait offerte à son ami Zachée.

Bref, au-delà des preuves scientifiques pour attester ou non la véracité historique de ce qu’on raconte, on a une belle histoire qui nous montre que la rencontre de Jésus est bouleversante et change le cœur. À la fois la belle histoire de Zachée dans l’Évangile, et à la fois la belle histoire de Zachée après l’Évangile. Cette histoire nous fait découvrir la bonté de Dieu pour chacun de nous. 3 points sur la bonté de Dieu.

  • Dieu est miséricordieux

L’amour de Dieu est « tout-puissant ». C’est-à-dire qu’il est parfait, et aime tout ce qu’il a créé, comme le dit la 1ère lecture : « Tu aimes en effet tout ce qui existe, tu n’as de répulsion envers aucune de tes œuvres. » Il est impossible que Dieu puisse ne pas aimer une de ses œuvres. Et la création entière est le fruit de l’amour surabondant de Dieu. Mais cet amour est tellement parfait qu’il est incompatible avec la haine, la colère, le péché, le mal, etc. Et vice-versa. C’est comme l’eau et l’huile, on ne peut pas les mélanger. Donc, quand on pèche, on se sépare automatiquement de Dieu. Pour prendre une image concrète, c’est comme si on fermait petit-à-petit les rideaux dans une grande pièce pourtant prévue pour être inondée de soleil. On baisse l’intensité de l’amour de Dieu dans son cœur.

C’est alors qu’on peut faire l’expérience de la miséricorde, toujours dans le livre de la Sg : « Tu as pitié de tous les hommes, parce que tu peux tout. Tu fermes les yeux sur leurs péchés, pour qu’ils se convertissent. » « Ceux qui tombent, tu les reprends peu à peu, … » La miséricorde de Dieu, c’est de faire entrer le temps dans l’équation. Dieu s’engage à prendre le temps, petit-à-petit, de rendre les cœurs compatible à son amour lumineux.

  • Dieu sauve

« Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. » La conséquence de la Miséricorde de Dieu, c’est le Salut. Dieu est venu lui-même, en personne, en chair et en os, pour nous sauver. D’ailleurs, c’est ce que signifie le nom de Jésus : « Dieu sauve ». Et une fois, remonté au Ciel, il nous a laissé le Saint-Esprit pour continuer son œuvre de salut. CEC 1987 : « La grâce du Saint-Esprit a le pouvoir de nous justifier, c’est-à-dire ne nous laver de nos péchés et de nous communiquer la justice de Dieu par la foi en Jésus-Christ. » Et cette justification qui nous sauve, qui nous lave de nos péchés, Saint Augustin dit qu’elle « est une œuvre plus grande que la création du ciel et de la terre. » En fait, chaque pécheur qui se convertit, qui se laisse sauver par Dieu, est une nouvelle création encore plus grande que la création de tout ce qui existe déjà. C’est pour ça que Jésus dit dans un autre passage : « C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion. » Lc 15,7. Extraordinaire, non ?

  • Dieu glorifie

Non seulement Dieu créé par amour, manifeste sa miséricorde pour nous reconquérir, et nous sauve ; mais en plus, bouquet final, il veut nous glorifier. Avant même le péché originel Dieu avait le projet de nous glorifier, de nous faire entrer dans sa Gloire. C’est-à-dire que « Librement, Dieu veut communiquer la gloire de sa vie bienheureuse. », tout simplement. C’est la fameuse petite phrase qu’on dit dans le Credo : « pour nous les hommes et pour notre salut, il descendit du ciel. » Dieu s’incarne pour nous, et pour notre salut. Il s’incarne pour nous, pour nous glorifier, pour nous faire entrer dans sa communion trinitaire. C’est ce que St Paul nous dit dans la 2ème lecture : « que Dieu vous trouve dignes de l’appel qu’il vous a adressé. » Et : « Par sa puissance, qu’il vous donne d’accomplir tout le bien que vous désirez. […] Ainsi, le nom de notre Seigneur Jésus sera glorifié en vous. »

Conclusion

Si on en croit la tradition populaire, Zachée est appelé Amadour, celui qui aime Dieu, celui qui a l’âme en or ; parce qu’il est rempli de cette amour de Dieu. Et l’amour de Dieu, ça rend lumineux. Qui a envie d’être lumineux ici, empli de la lumière de Dieu ? Cette lumière, elle ne vient pas toute seule. On a besoin d’entendre Jésus nous dire, à chacun : « Bonne nouvelle, aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. » Dans la tradition biblique, le sycomore est l’arbre du pauvre. Zachée, chef des collecteurs d’impôts, richissime personnage, vit une première conversion en montant dans le sycomore. Et il vit une deuxième conversion en étant appelé par Jésus à redescendre pour revenir chez lui. Jésus redonne une nouvelle dignité à Zachée. Puisse cette expérience de Zachée nous inspirer puissamment pour l’imiter : « Vite, il descendit et reçut Jésus avec joie. »

C’est ce genre d’expérience qui fait dire au pape François que « La joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. Ceux qui se laissent sauver par lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement. Avec Jésus Christ la joie naît et renaît toujours. » Telle est l’expérience de Zachée, tel est le but de notre vie chrétienne.

Amen.

Lien vers la description du sycomore comme « arbre du pauvre ».

Lien vers la citation du pape François (Evangelii gaudium Num. 1)

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