28ème dimanche du temps ordinaire année C 2022

Chers frères et sœurs,

Que faites-vous là ? Bonne question ! Vous êtes probablement venu chercher un peu de convivialité, de fraternité, de chaleur humaine ; un peu d’apaisement, de sens, de spiritualité ; ou peut-être que vous êtes aussi venus pour accomplir un devoir, pour honorer vos convictions, pour mettre Dieu au centre de la semaine comme l’église au centre du village… Ce sont de bonnes motivations ! Et si on vient à la messe, c’est aussi pour chercher la guérison. On vient pour notre salut, ne l’oublions pas. On est tous malade du péché, et on a besoin d’une guérison en profondeur. Et ça tombe bien parce que l’Évangile de ce dimanche nous rappelle ce sens important de la messe qui nous offre la guérison… Avez-vous fait attention à la rencontre de Jésus avec les lépreux dans l’Évangile ?

  • Ils implorent ensemble la pitié de Jésus. En grec, on dit kyrie eleison ;
  • Puis, une fois guéris, ils chantent la gloire de Dieu ;
  • Ensuite, il y en a un qui vient remercier Jésus, en grec ça se dit eucharistein ;
  • Et enfin, Jésus le renvoie : « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé ».

Finalement, cette guérison des 10 lépreux, c’est la structure de la messe… Avec les autres lectures, je vous propose de découvrir 3 miracles qu’on peut expérimenter pendant la messe.

  • Dieu donne gratuitement

Pas besoin de beaucoup d’efforts pour bénéficier de la grâce de Dieu. Ce qu’il demande est simple, on le voit avec Naaman le syrien : « il descendit jusqu’au Jourdain et s’y plongea sept fois, pour obéir à la parole d’Elisée. » On le voit aussi avec les lépreux : « Allez vous montrer aux prêtres. » On n’en est pas aux pèlerinages médiévaux où il fallait traverser un continent à pied pour demander la guérison ou purger une peine. Ce que Dieu demande est franchement facile. C’est comme le baptême, c’est un peu d’eau et d’huile sur le front… ça ne va pas chercher très loin en termes d’efforts. Par contre, la vraie difficulté c’est de faire le pas. C’est une sorte de conversion intérieure.

La conversion intérieure, c’est souvent ce combat qu’on a avec l’orgueil. Face à Dieu, on peut se sentir illégitime à recevoir beaucoup pour si peu en échange ; ou bien en voulant montrer qu’on est capable de lui donner beaucoup plus. Dans les deux cas, c’est de l’orgueil, et c’est du commerce qu’on fait avec Dieu. La seule chose qu’il attend véritablement de notre part, c’est de l’amour. C’est paradoxalement ce qui nous coûte le plus ! C’est ce qu’on expérimente dans l’Eucharistie, un don si grand et si simple pour de si petites personnes… C’est extraordinaire, non ?

  • On communie aux souffrances de Jésus

Dieu donne gratuitement, c’est vrai. Mais la conséquence de cette intimité qu’on acquiert avec lui, c’est qu’il faut assumer de ne pas être compris par les autres. Ce que nous dit St Paul, c’est que lorsqu’on aime Jésus, on est capable d’endurer la souffrance pour lui. Parce que justement, lui, St Paul, il est en prison à cause de Jésus. Et ça le fait souffrir. Quelque part, quand on vit ce genre de persécutions, c’est une communion aux souffrances que Jésus a lui-même endurées pendant sa Passion.

Et puis, quand on vient à la messe, ici, on vient aussi avec ce qu’on porte de lourd, les soucis du quotidien, les ennuis de santé, les tracas pour l’entourage, et que sais-je encore. La communion aux souffrances de Jésus va même plus loin, elle est réciproque. Si nous on est mystérieusement associé à sa Passion, lui, il s’associe à nos croix, et à ce qui nous est douloureux. C’est donc important de lui déposer nos souffrances, particulièrement au moment de l’offertoire. On peut avoir la ferme conviction que lui, il les portera parce que Dieu est fidèle, même lorsqu’on est infidèle, comme le dit St Paul.

  • On fait un acte de foi

Si vous avez remarqué, la purification des lépreux se fait en cours de route. Ça veut dire qu’il faut avoir la foi pour être purifié. Jésus n’a dit aucune parole, il demande juste un acte d’obéissance. C’est la loi qu’on peut retrouver dans le Dt. Pour être réintégré à la communauté sociale, il faut faire attester la guérison par l’autorité religieuse. Donc les lépreux ont fait un acte de foi, en croyant à la guérison, et ils l’ont fait par l’obéissance.

Ce qui est très fort dans l’Evangile, c’est que le lépreux qui revient sur ses pas, reconnaît Jésus comme LE grand prêtre. Il ne va pas au temple de Jérusalem, il va directement à Jésus. Ça nous en apprend beaucoup sur l’intention quand on vient à la messe. Quel que soit le prêtre, quels que soient les chants, la manière de célébrer, et les voisins à côté de qui on est assis, c’est Jésus qu’on vient chercher dans l’Eucharistie, mais aussi dans la communauté réunie, dans la Parole de Dieu proclamée, etc. Notre acte de foi il commence ici et maintenant, tout simplement dans ce qu’on est en train de vivre ! Quand on est conscient de ça, on réintègre entièrement le corps du Christ qu’on forme ici, ensemble, comme les lépreux réintègrent leur dignité et leur communauté après la guérison.

Conclusion

Même si on ne se sent pas vraiment lépreux, on n’est pas là pour rien ! Cet Évangile nous concerne directement !! Ce qui est fondamental avec ces lectures, c’est qu’on puisse redécouvrir le sens et la profondeur de la messe. On y vit une guérison majeure, une guérison au moins spirituelle ! Et ce qui est magnifique, c’est que malgré toutes les limites de notre liturgie et de nos cœurs, on le fait avec une certaine forme d’obéissance. L’Eglise nous rappelle que le Seigneur nous convoque chaque dimanche. Il nous convoque par amour, et pour distribuer généreusement sa grâce !

Au final, ce « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé », il est pour chacun de nous aujourd’hui ! Puissions-nous l’entendre d’une nouvelle manière ce dimanche, et puisse-t-il nourrir notre vie spirituelle toute la semaine.

Amen.

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